Coloration...tiré par les cheveux !


Attribut d’appartenance ou de séduction, dissimulée ou valorisée, la chevelure cache de multiples symboliques et savoir-faire. Depuis quelques années, le terrain du cheveu semble pourtant miné. L’époque semble vouloir à tout prix nous révéler des secrets de fabrication inavouables qui sévissent depuis des  décennies. Des mots comme cancers, malformations ou perturbateurs endocriniens, se retrouvent fréquemment dans les articles  évoquant les cosmétiques cheveux, et ce quelle que soit leur source. Voici qu’à présent on montre du doigt  les colorations capillaires et pour cause !


Ce que l’on ne savait pas !

La grande majorité des teintures capillaires est potentiellement toxique, particulièrement celles vendues pour un usage non professionnel. En effet, les colorations domestiques en vente libre sont plus concentrées et échappent à la réglementation qui tente de protéger les professionnels de la coiffure en limitant le dosage de nombreux ingrédients.

 

Toutefois, les composés contenus dans les colorations, qu’elles soient à usage domestique ou professionnel, semblent être à l’origine de nombreux effets secondaires. Certaines couleurs renferment jusqu’à 15 ingrédients connus pour leur toxicité, comme par exemple le formaldéhyde (classé au tableau des substances cancérigènes), l’ammoniaque, le paraphénylènediamine, le toluène-2,5-diamine-sulfate, 2,2-methylènebis-4-aminophenol HCI, etc. Il y a quelques mois, une affaire a fait sandale en Angleterre via le Daily Mail et la BBC qui rapportaient le cas d‘une femme de 38 ans tombée dans le coma après avoir appliqué elle-même une coloration capillaire. Le fabricant mondialement connu a préféré ne  pas faire de commentaire. Aussi, le lien entre le cancer de la vessie (à la 11e place des cancers en Europe !)  et l’usage des colorations capillaires a souvent été fait, mais de manière non officielle seulement car le sujet est encore tabou et bien peu d’études ont été menées sur le sujet.


Que dit l'Association suisse de la coiffure  :

« Depuis le 1er novembre 2011, les fabricants de colorants capillaires de l’Union européenne doivent ajouter une mention spéciale dans leur notice d’utilisation du produit en précisant qu’ils ne sont pas destinés aux personnes de moins de 16 ans. Il s’agit de colorants capillaires qui contiennent un ou plusieurs composants pouvant déclencher des allergies. Selon l’Office fédéral de la santé publique cette ordonnance s’applique également à la Suisse. Ce sont les cantons qui sont responsables de son application. Mais qu’en est-il des coiffeurs ? Dorénavant, les jeunes de moins de 16 ans qui souhaitent une coloration de leurs cheveux devront être rendus attentifs au fait qu’il existe un risque de réaction allergique chez les personnes sensibles ». C’est vraiment le moins qu’on puisse faire !


La coloration n’est pas un soin !

La chevelure ne se présente pas seulement comme un attribut de charme de première instance. Des cheveux sains et brillants sont aussi un gage manifeste de jeunesse et de santé. Les femmes l’ont bien compris et le budget destiné à la beauté des cheveux est souvent plus conséquent que celui du visage ou du corps. Cependant, trop d’attentes sont placées dans les effets lissants et gainants des colorations chimiques, qui du coup se substituent aux soins élémentaires. Pourtant, hors coloration, des effets formidables peuvent être obtenus par des soins basic naturels menés avec amour et bienveillance.


Le shampoing, la base !

En premier lieu, nous ne le répéterons jamais assez, choisissez des gammes de soin naturelles et biologiques. De nombreuses marques font références dans ce domaine. Pour qu’un shampooing ait une action traitante (nourrissant, anti séborrhéique, anti pelliculaire, etc.), il faut impérativement faire deux applications suivies. Le premier shampooing dissout le gras et les impuretés de la chevelure, le deuxième permet à la chevelure d’absorber les principes actifs du produit. Pour entrer dans une démarche dite « de traitement »   deux applications consécutives doivent être exécutés deux fois par  semaine,  surtout pour les cheveux gras et les cheveux à pellicules.


La coloration végétale !

La coloration végétale offre aujourd’hui des alternatives et un résultat qu’il était encore impossible d’obtenir il y a quelques années. Les entreprises se mobilisent pour améliorer  encore leurs produits et répondre à une demande grandissante. Les actifs utilisés sont naturels et complétement respectueux de l’organisme et de l’environnement (des argiles, des plantes, des fleurs…). Reste à trouver la marque qui aura le plus d’impact sur votre qualité et votre couleur de cheveux ! Certaines lignes proposent aux utilisatrices de chimie de procéder à une détoxination du cheveu à l’argile durant deux mois avant de passer au naturel. Sans détoxination,  la transition peut prendre de plusieurs mois à une année. La faiblesse du naturel réside dans la capacité à masquer en profondeur les cheveux blancs, c’est vrai. Mais devant les mises en garde du moment, l’enjeu esthétique est-il concevable ?


Il faut le dire !

Soyons honnêtes, en matière de coloration et de coiffage, les produits naturels restent plutôt à la traîne. Être écolo jusqu’au bout des cheveux n’est pas toujours facile car nous sommes habitués à tellement d’artifices (couleur, fixation, brillance, bouclage, lissage, etc.) sans lesquels nous pensons ne plus pouvoir vivre. Néanmoins tâchez de vous souvenir que tout ce qui touche à vos cheveux passe dans votre organisme et votre sang par l’intermédiaire des capillaires qui nourrissent chaque bulbe. N’oubliez pas non plus que tout ce qui est rejeté (shampoing, coloration, après-shampoing, gel, laque…) finit dans les eaux de récupération, ne sera jamais filtré et se retrouvera ensuite dans l’eau du robinet, ad vitam aeternam ! Réfléchissez !


Mise en ligne 11 septembre 2013

Carol Tarquinio-Cassone