porte du bonheur2012, et si on rêvait ?

Une fois n'est pas coutume, voici un article d'un tout autre genre pour accueillir cette merveilleuse année 2012. Dans cet espace, à travers nos nombreux objectifs rédactionnels, nous visons une seule et même finalité, celle d'élargir le champ de conscience du plus grand nombre de visiteurs sur l'impact des gestes anodins et quotidiens liés à l'hygiène et à la beauté. Cependant, force est de constater que des enjeux bien plus importants se déroulent présentement sur notre planète.

Nous vivons une époque de tourment et de noirceur planétaire. D'un point de vue humain, pour ceux qui ne sont pas en guerre, le libre arbitre est bafoué par de nombreuses soumissions modernes et la duperie est devenue la règle commerciale et sanitaire numéro un. À la destruction de la planète et de la biodiversité se sont récemment rajoutées les innombrables prophéties concernant 2012. De la terreur au paradis tout y est passé, faisant de cette nouvelle année le théâtre d'une spéculation de scénarios en tous genres. Qui s'attend à la fin du monde, qui pense s'élever au ciel vers des bras angéliques et divins, qui n'a aucune idée par manque de réflexion, d'intérêt ou de temps.

Néanmoins, la plupart d'entre nous savent que Mère Gaïa souffre. Cette métaphore si pratique et utile à la sensiblerie écologique recouvre pourtant une profonde réalité. Cet être magnifique et entièrement sensible qu'est notre planète est une entité d'une infinie beauté qui abrite d'innombrables habitats naturels pour tous les êtres vivants qui fourmillent en sa surface et dans ses eaux. Des plus petites bactéries aux arbres les plus majestueux en passant par la splendide création qu'est l'Homme, nous dépendons tous d'elle, qui nous nourrit et nous protège depuis toujours. Gaia est sous pression et la race humaine est en danger, collectivement, grossièrement inconsciente par accord passif, forcé ou irréfléchi envers ce qui se passe autour de nous. Face à l'immense majorité résignée et impuissante, se dresse une poignée de dirigeants humains - s'ils sont humains - qui détruit le beau et le bien.

Nombreux sont ceux qui entendent le cri de Gaïa qui pleure non pas sa propre souffrance, mais celle de ses enfants, les femmes, les hommes, les animaux, toutes les plantes et tous les arbres. Souffrance, peur et manque règnent en son sein. Mère Gaïa exprime le mal-être qu'elle ressent à travers ses enfants : l'inconscience aveugle des hommes dans les abattoirs, l'avidité des agriculteurs chimiques et des pêcheurs d'usine, le mépris des destructeurs de forêt et des créateurs de guerres. La terre nous a rêvés, comme une femme rêve d'un enfant et aujourd'hui, comme une mère, elle pleure en voyant l'objet de ses rêves faire son propre malheur.

Difficile d'agir face à tout cela. Nous nous sentons tous si impuissants. Et si pour une fois on osait autre chose ? Voici une proposition folle, et si on rêvait ? Et si dans nos têtes nous commencions à envisager un autre monde, une autre façon de faire, une autre façon d'être, de s'aimer, de penser. Et si on rêvait, juste histoire de contrebalancer le poids de la misère et du mensonge. Et si on rêvait pour anesthésier nos stériles révoltes et blessures. Et si on rêvait juste pour voir.... et si on redevenait comme des enfants qui occultent la réalité et jouent à faire semblant pour transformer leur monde, le Père Noël ne passe-t-il pas tous les 24 décembre ?

Toutes les actions débutent immanquablement par une pensée, alors, avant de pouvoir agir laissons faire la magie de cette pensée et saisissons cette opportunité insensée. Et si nous étions des millions à rêver, même quelques minutes par jour, en préparant le repas ou juste avant de s'endormir, il est bien possible que nous engendrions de nouvelles réalités. Et si on rêvait à l'unisson, voilà une arme pacifique, gratuite et individuelle à la portée de tous. Actionnons là de toutes nos forces et ne cédons plus à la facile négativité, à la paralysante peur ou au pessimisme contagieux. La guerre est déjà là, la famine est déjà là, la servitude moderne est déjà là, la maladie est déjà là. Cessons de nous plaindre et de pleurer les malheureux, cela n'a jamais rien changé, au contraire. Offrons leur une vision d'avenir plus grande, plus libre et plus lumineuse, dans nos têtes et dans nos cœurs d'abord.

Et si on rêvait d'une vie de loisir, de connaissance absolue et d'abondance pour tous. Et si on rêvait d'amitié sincère, de relations sans jugement, de profession passion, de familles unies et d'amoureux éternels. Et si on rêvait de corps en santé et en beauté, de joie permanente, de rires journaliers, de jouissances inouies et d'amour social. Et si on rêvait de la meilleure version de nous-mêmes. Et si on rêvait l'impensable et l'illusoire. Qu'avons-nous à perdre que nous n'ayons déjà perdu ?

Je dédie ces vœux à tous ceux qui cherchent une action utile et accessible à inclure dans leur laborieux quotidien. Je dédie ces vœux à ceux qui aiment faire des expériences. Je dédie ces vœux surtout aux arrogants et aux ironiques en leur rappelant la prière de Gandhi : « Les changements que tu veux voir dans le monde doivent d'abord naître en toi ». À tous, merci d'avance de rêver l'année 2012, à tous, que vos rêves soient naïfs et inondés de lumière !

Carol Cassone
Everybodygreen.ch

 

Mise en ligne  05 janvier 2012