femme coupant sa celluliteInterdit de mincir sans chirurgie !

Les rumeurs allaient bon train sur le sujet, mais ça y est, cette fois, ils l'ont fait ! En France, le trimestre dernier, un décret publié au journal officiel interdit l'utilisation de plusieurs techniques de traitement de la cellulite à l'ensemble des professionnels. L'interdiction touche particulièrement les médecins, kinésithérapeutes et les esthéticiennes,
et ces dernières semblent particulièrement visées par la mesure. Le décret soulève une polémique et certains parlent même de complot pour réhabiliter la liposuccion au bénéfice des chirurgiens.

La lipolyse interdite :
Rappelons ce qu'est la « lipolyse » : elle englobe toutes les pratiques utilisant des techniques de destruction (lyse) des cellules graisseuses situées sous la peau (adipocytes). Cela concerne les techniques de « lyse » qui recourent à des agents physiques internes (injections de mésothérapie) ainsi que celles qui utilisent des agents physiques externes (ultrasons, lasers, infrarouges, radiofréquence...).

Comment est-ce arrivé ?
Il y a plusieurs mois, la Direction générale de la santé publique a été saisie par une plainte provenant d'un service hospitalier de la périphérie parisienne. Il s'agissait de 11 cas de patientes ayant présenté des complications graves à la suite d'injections sous-cutanées de « mésothérapie ». Ces substances injectées sont censées détruire une partie des cellules graisseuses. Note importante, la pratique de la « mésothérapie » est exclusivement réservée aux médecins ou chirurgiens qui sont les seuls habilités à la poncture. Il est normal qu'à la suite de ces complications, la Direction générale de la santé demande un rapport. Au total, 61 cas de complications graves dues à des injections à visée amincissante (pratiqué par des médecins) ont été recensés, mais nos sources ne précisent pas sur quelle période.

Principe de précaution
La quasi-totalité des complications décrites dans le rapport concerne les injections de lécithine de soja et de désoxycholate de sodium. L'interdiction est donc sur ce point une mesure de précaution, car ces composés chimiques bien qu'utilisés depuis des décennies n'ont jamais fait l'objet d'étude sur les effets à long terme ; de plus, ils sont non biodégradables pour l'environnement une fois rejetés dans les urines.

Les médecins piquent, les esthéticiennes trinquent !
Là où le décret semble abusif est l'élargissement de l'interdiction aux méthodes sans danger (comme les lasers de basse énergie) ou aux méthodes qui bénéficient d'études de bonne qualité comme la cryolipolyse (amincissement par le froid), les infra rouges ou encore la radio fréquence, qui, pratiqués par les esthéticiennes, ont toujours donné satisfaction.

Doit-on rappeler que depuis quelques années les esthéticiennes se battaient face au même lobbying (médical) pour conserver le droit de pratiquer des « massages », fer de lance de leur profession. Néanmoins, ce droit leur a été officiellement retiré l'année dernière en France, leur permettant seulement d'inscrire sur leur carte de service « modelage » au lieu de « massage », un terme peu glamour et vendeur à la fois, et surtout mal compris.

Peau de chagrin
En résumé, plus de massages ni de techniques d'amincissement pour les esthéticiennes de France ! Heureusement il leur reste leur pince à épiler pour tenter de sauver leur affaire ! On assiste ici là à un bouleversement radical des applications du domaine de l'esthétique, du jamais vu !

Il faut dire que le marché a été développé patiemment, des décennies durant,  par les esthéticiennes et fabricants d'appareils, afin d'offrir aux femmes une alternative à la chirurgie. Aujourd'hui, le marché de l'amincissement est un marché juteux pour le présent et l'avenir, et le lobbying concerné tente de se l'approprier en brandissant les dégâts qu'il a lui-même occasionnés. Mais au fait, où sont passées les statistiques qui dénombrent les ratés de la liposuccion et des plasties abdominales ?

Heureusement il reste encore aux clientes de France voisine, l'alternative de se rendrent en Suisse, un pays plus tolérant qui permet aux esthéticiennes de pratiquer leur profession sans faire de l'ombre. À suivre !

Source: Anti âge Magasine

Mise en ligne: 22 Juillet 2011