pinkwashingLe ruban rose, philanthropie ou hypocrisie ?

Symboles de la recherche contre le cancer du sein, les petits rubans roses fleurissent dans tous les magasins de cosmétiques ; cependant, la réalité cachée derrière ce bouquet n'est pas si rose. Un site américain www.thinkbeforeyoupink.org, soutenu par de nombreuses associations qui supportent la recherche contre le cancer du sein, a été créé en 2002 spécialement pour sensibiliser les femmes à une nouveau genre de tromperie, le pinkwashing.

Des géants de la cosmétique comme Avon, Revlon ou Estée Lauder (qui a aidé à lancer le ruban rose), tous trois partenaires officiels dans la recherche contre le cancer du sein, utilisent toujours dans leurs cosmétiques des produits chimiques que les scientifiques ont directement impliqué dans la formation du cancer du sein. Aussi, des marques comme L'Oréal ont plusieurs fois refusé de signer la charte qui tend vers une utilisation de cosmétiques inoffensifs.

Or, si les progrès scientifiques dans la guérison des cancers du sein sont indéniables, ils restent en augmentation constante ; toutes les deux minutes et demi, une femme s'en découvre atteinte. Les scientifiques s'écartent du facteur génétique comme principale cause de ce fléau et orientent leurs recherches vers les causes environnementales : quels sont les produits chimiques auxquels les femmes sont exposées quotidiennement ?

Les cosmétiques sont dans la ligne de mire. Ils renferment de nombreux produits dénoncés comme perturbateurs endoctriniens (parabens, phtalates) en cause directe dans le cancer du sein. Les parfums sont aussi accusés : le musc synthétique est un perturbateur hormonal, et le dioxyde d'éthylene un cancérigène mammaire. L'isobutane utilisé dans les gels, sprays et mousses à raser est soupçonné d'être un cancérigène mammaire ainsi que les composés d'éthylène contenus dans de nombreux cosmétiques.

Les crèmes solaires se comportent comme des estrogènes en favorisant la prolifération des cellules cancéreuses. Les métaux (fer, nickel, chrome, zinc, mercure et plomb) renfermés dans les colorants et les crèmes solaires ont été trouvés en plus grandes quantités chez les femmes atteintes du cancer du sein que chez les autres. Deux autres cancérigènes avérés sont le pétrolatum contenu dans les cosmétiques labiaux et le toluène dans les vernis à ongles.

La boucle est refermée. Si les leaders du ruban rose veulent garder leur crédibilité dans leur lutte contre le cancer du sein, ils vont devoir rapidement arrêter d'utiliser des cancérigènes et autres perturbateurs hormonaux dans leurs produits cosmétiques. Des alternatives saines pour remplacer ces produits chimiques existent, et les géants des cosmétiques n'ont aujourd'hui plus aucune excuse pour justifier leur utilisation.

Pour le moment, le petit ruban rose apparaît malheureusement plus comme un outil de marketing que comme un gage de qualité, d'autant plus que l'on ne sait pas quelle part des bénéfices ni quelle part des dons aident réellement la recherche contre le cancer du sein.

 

Mise en ligne Le 04 juillet 2011