bebe à la plageles produits solaires, 5 points surprenants


Les produits solaires sont faits pour nous protéger des coups de soleil, mais on connaît peu de choses sur leur efficacité et surtout sur leur innocuité. En 2005 le COLIPA nous annonçait à travers sa nouvelle règlementation des solaires que le sacrosaint « écran total », auquel bon nombre d'entre nous (les mamans surtout) étaient attachés, n'existait plus et que son efficacité n'avait jamais été avérée. Voici quelques vérités surprenantes émanant de l'étude EWG (Environmental Working Group), une association américaine de premier choix.

Les différences notoires entre « filtres » et « « écrans » solaires !
Les « filtres » absorbent les UVA et les UVB. On a longtemps cru que seuls les UVB étaient nocifs, mais on sait aujourd'hui que les UVA le sont tout autant, voire plus encore selon certaines études. Les « filtres » sont d'origine chimique, comme l'oxybenzone récemment classé comme perturbateur endocrinien. Ces filtres, pour schématiser, sont brûlés par le rayonnement solaire et libèrent dans la peau de nombreux radicaux libres impliqués dans les mécanismes de vieillissement et les cancers. Ils polluent l'eau, sont non biodégradables même lors de leur processus d'épuration et peuvent s'avérer dangereux s'ils sont ingérés par l'homme. Une étude menée en Suisse par le laboratoire Empa montre leur impact négatif sur les truites de rivière.

Les « écrans » sont d'origine minérale, les plus utilisés sont le zinc et l'oxyde de titane. Leur fonction est de faire écran en réfléchissant le rayonnement solaire comme un miroir. Leur principal inconvénient est de former une barrière visible sur la peau (effet blanc), raison pour laquelle les consommateurs se détournent souvent des produits solaires bio qui font principalement appel à ces derniers; les écrans minéraux sont propres pour l'environnement et hypoallergéniques.

Cependant on trouve la combinaison des deux protections dans beaucoup de formules « filtres et écrans » dans des gammes traditionnelles. Dans ce cas les écrans sont présents en trop faible dose pour remplir leur rôle qui se réduit essentiellement à un effet d'annonce.

Les utilisateurs de solaires plus exposés aux mélanomes !
Des facteurs autres que l'exposition augmentent la vulnérabilité des utilisateurs de solaires, notamment en ce qui concerne les produits à très faible indice qui se sont multipliés depuis quelques années et qui ont très bonne presse auprès du grand public (rapidité, facilité d'application, invisibilité). Les solaires en spray par exemple ne comportent pas des indices suffisants, et leur conditionnement en mode vaporisateur implique une faible densité des filtres et une quasi absence d'écrans. Autant ne rien mettre ! Cela éviterait non seulement le contact avec des produits chimiques qui deviennent encore plus toxiques lorsqu'ils sont galvanisés par le rayonnement solaire, mais aussi des risques par inhalation.

Les IPS 50+ ne sont ni plus sûrs ni plus protecteurs que les autres !
Les campagnes de sensibilisation au cancer de la peau ont fait évoluer les mentalités et le savoir-faire des fabricants. La protection (50+) est de plus en plus répandue (1 produit sur 5 cette année, contre 1 sur 8 il y a deux ans). Cependant, cette protection engendre des comportements plus dangereux car elle incite à rester au soleil plus longtemps. Rappelons qu'un IP (indice de protection) 2 couvre 50% du spectre solaire UVB, un IP 15 couvre 93%, un IP 20 95%, un IP 30 couvre 97% et un IP 50 couvre 98% du spectre UVB. La protection 100% n'est jamais atteinte même avec un indice 50+. La réelle force de protection vient du seul fait de réappliquer le produit toutes les deux heures maximum ou directement après un bain ou une douche (quel que soit l'indice).

La vitamine A (synthétique) mise en cause !
Le retinyl palmitate (une forme de vitamine A synthétique) encore appelé rétinol est fréquemment utilisé dans les crèmes solaires. Selon l'association EWG, le rétinol est suspecté d'augmenter les risques de cancer de la peau : au contact brûlant du rayonnement solaire cette substance libère des radicaux libres. Aussi, les produits solaires contenant des substances anti-radicaux libres seraient surtout là pour contrer les effets radicalaires du produit lui-même. Ce processus concerne aussi les autres filtres chimiques. Des études sur le sujet sont en cours mais en attendant les résultats EWG conseille fortement d'éviter ce composant.

Les produits solaires tuent les barrières de corail !
Le rapport du professeur Danovaro a confirmé que les crèmes de protection solaire utilisées par les baigneurs affectent considérablement les coraux. Ces produits semblent activer des virus capables de détruire les microalgues qui vivent en symbiose avec les coraux. Or, si ces précieux organismes disparaissent, les coraux blanchissent et meurent. L'étude a montré que l'ethylhexylmethoxycinnamate, le benzophenone-3, le 4-methylbenzylidene camphre et le butylparaben provoquent, même à de très faibles concentrations, le blanchiment complet du corail. Le phénomène est si étendu que de nombreux sites touristiques interdisent déjà l'utilisation de crèmes solaires chimiques : seules les crèmes solaires bio y sont autorisées et la visite des sites coralliens y est même plutôt conseillée en tee-shirt. (Source : Environmental Health Perspectives)

En conclusion
• Éviter surtout l'oxybenzone ou le 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC) qui sont des perturbateurs hormonaux notoires ; l'oxybenzone est formellement déconseillé pour les enfants. Malheureusement autorisée en Europe, cette substance chimique n'est pas clairement mentionnée sur l'étiquette si sa concentration est inférieure à 0,5 %.

• La question des nano matériaux concernant les écrans minéraux a fait polémique l'année dernière, mais la nouvelle réglementation a obligé tous les fabricants, bio y compris, à revoir leur formule et à développer des génies de formulation pour coller à la législation (dimension des nanos) et plaire aux consommateurs (pas d'effet trop blanc sur la peau). Ces crèmes minérales sont plus stables dans le temps et ne pénètrent pas la peau.

• Les produits solaires à eux seuls ne peuvent prévenir le cancer de la peau. Le port de vêtements, chapeaux et lunettes est recommandé pour tous, surtout pour les enfants. Boire de l'eau est aussi une merveilleuse façon de renforcer l'hydratation de la peau. L'exposition en dehors des heures de fortes chaleurs est le seul comportement qui protège efficacement des dangers, de plus, il favorise les beaux bronzages lumineux et durables.

• Les produits solaires biologiques présentent moins de choix en termes de références et de largeur de gamme car leurs écrans minéraux ne permettent pas tous les types de conditionnement. Cependant ils sont une alternative intéressante tant pour la préservation de la peau que pour celle de l'environnement.

La bonne nouvelle vient du fait que la législation en matière de produit solaire est, malgré ces insuffisances, tout de même plus protectrice en Europe qu'aux États-Unis. Cependant, se consoler en regardant les moins bien lotis n'a jamais été un moteur de développement et d'évolution.
Soyez prudents, sauvez votre peau !