bouteilles plastique bio sur feuillageDu bioplastique pour les cosmétiques !

Lorsque l'on se penche sur les valeurs écologiques des cosmétiques, la première incohérence qui saute aux yeux concerne l'utilisation en masse du plastique dans ce secteur. En effet, ses contenants, bien que très bien organisés en matière de recyclage, n'en sont pas moins des matériaux issus de polymères synthétiques ou artificiels. Cependant, il semblerait que des solutions commencent à se profiler gentiment. La bonne nouvelle vient de Suède avec la société Tectubes qui a développé le premier tube de dentifrice biodégradable.

En Europe, les cahiers des charges des différents labels de cosmétique bio imposent déjà certaines obligations écologiques en matière d'emballage (carton recyclable et biodégradable, suremballage, PVC, polystyrène et cellophane interdits...), mais certains fabricants prouvent la sincérité de leur engagement en allant bien plus loin que leurs obligations légales (notice sur papier recyclé, utilisation d'encres végétales, emballage à base d'amidon de maïs, pot de crème en verre Infini). À présent, une nouvelle alternative s'offre à eux avec la découverte d'un plastique majoritairement issu de ressources végétales.

Pour l'heure, il servira à conditionner une pâte de dentifrice de la marque suédoise AllVeggie, spécialisée dans les produits naturels. Les matériaux ont été fournis par l'allemand FkuR Kunstoff. Ce dernier est notamment à l'origine du Bio-Flex, une résine composée d'un mélange d'acide polylactique (PLA), de polymères biodégradables et d'additifs compostables selon la norme européenne EN 13432.


La course à la conception éco responsable des emballages cosmétiques a commencé, et cela pour le plus grand bien de tous. Les matières respectueuses de l'environnement et de la santé sont aussi la clé pour un meilleur bilan carbone et une meilleure gestion des ressources de la planète.

Reste à éviter le même leurre qui habite la question des biocarburants (utilisation des sols au profit du carburant mais au détriment des surfaces agricoles pour nourrir l'humanité). Aussi, la vigilance doit rester active afin que les arguments commerciaux liés aux emballages des cosmétiques ne soient pas là uniquement pour détourner l'attention de la consommatrice de la qualité du produit.

Comme souvent en matière d'écologie, la paranoïa s'installe rapidement: peut-on faire du bien par ici sans noircir le tableau par là ?

Mise en ligne 15 avril 2011