Diversification des réseaux de distribution

Aujourd'hui, la cosmétique bio fleurit sur les étagères de tous les rayons de beauté. Elle ne se trouve plus exclusivement dans les magasins d'alimentation biologique, comme cela a longtemps été le cas. Désormais, elle est présente dans les enseignes de parfumerie sélective, les parapharmacies, les instituts de beauté, les coiffeurs et aussi en grandes et moyennes surfaces.

L'offre s'étoffe de jour en jour et on assiste à l'éclosion d'un nouveau genre de réseau : les boutiques qui proposent exclusivement des cosmétiques bio (multi-marques) et des magasins mono-marque (« Melvita concept » par exemple). Certaines marques bio boycottent encore la grande distribution, refusant de concilier production artisanale, valeurs éthiques et ventes massives.

En revanche, certaines marques moins scrupuleuses ont trouvé une parade en commercialisant leurs produits sous un autre nom afin d'aborder d'autres réseaux de distribution. En France, il naît chaque jour une nouvelle marque bio,  si bien qu'il est difficile de suivre l'évolution du marché. Gageons surtout que cette alternative de soin soit aussi un moyen de faire connaitre l'intégralité du secteur bio, alimentaire et textile. (source http://www.novethic.fr)

Le luxe se redéfini naturellement

Aujourd'hui, on observe une fuite des consommatrices vers les réseaux de distribution de cosmétique bio. Cet engouement conduit les grands groupes à se positionner sur ce secteur. Ainsi, Clarins avec Kibio, Yves Rocher ou Caudalie, offrent désormais une gamme de soin bio en plus de leur offre traditionnelle. Les enseignes innovent également en créant leur propre ligne bio, comme Sephora, Marionnaud ou Carrefour.

De même, les célèbres marques de luxe Yves Saint-Laurent et Stella McCartney proposent également des gammes labélisées bio et adoptent de nouvelles stratégies de distribution en se tournant vers des secteurs qu'ils refusaient jusque-là, à savoir, les spas, les centres de beauté et de bien-être. L'expérience montre que les adeptes de cosmétique bio étaient dans un premier temps, celles victimes d'allergies et d'irritations. Elles sont rejointes aujourd'hui par bon nombre de consommatrices, notamment celles en provenance du sélectif (réseaux de luxe).

L'industrie de la beauté se mobilise donc pour élaborer de nouvelles solutions et se tourne enfin vers l'intérêt et la demande des consommatrices. Face à cette tendance, la profession s'organise, ainssi le rassemblement de mars 2010 à l'occasion du Sustainable Cosmetic Summit, sera le premier d'une longue série. Il a pour but de répondre aux nouvelles exigences du marché.

Cette rencontre marque le début d'une génération de sommets sur la beauté naturelle et la durabilité. Les questions majeures sur le programme nord-américain comprennent « le rôle de l'éco-label, les partenariats éthiques, les innovations d'emballage durable, le potentiel du marketing et des médias sociaux, les marques du développement durable, la connaissance des consommateurs en produits durables, défis éthique et marketing, la chimie verte, la formulation et ses défis techniques, ingrédients et investissement » ...Plaçant le développement durable comme thème central du sommet, la conférence débute par une note clé qui met en lumière l'importance croissante de la cosmétique biologique dans le marché de la beauté. Les débats visent à répondre aux questions cruciales...Quel est l'impact environnemental des produits cosmétiques ? Comment le mesurer et le réduire ? » lien

Malgré des débuts de réflexion prometteurs, nous constatons que les questions de protection de la santé n'apparaissent pas dans les grands thèmes abordés. Même si, au regard des dégats déjà engendrés par l'utilisation massive de la chimie toutes ces délibérations arrivent bien tardivement. Cependant, ne laissons pas filer l'espoir que colporte le fameux adage « mieux vaut tard que jamais !». La cosmétique traditionnelle veut se mettre au vert et c'est bien ce que l'on attend d'elle.

Les enjeux d'une cosmétique biologique adaptée à tous dépassent de loin les clivages entre industriel et artisan, entre luxe et bon marché, entre qualité et profit. Les enjeux sanitaires et environnementaux imposent à tous d'agir et d'agir vite pour s'entendre sur des standards communs de protection de la santé et de la planète.

 

Mise en ligne 15 avril 2011