chaîne qui se casseFaiblesses et limites de la cosmétique bio

La cosmétique bio dépend et doit son existence à l'agriculture biologique, celle-ci prône avant tout le respect de l'environnement. Pourtant, malgré toutes ces précautions, la bio en général, n'est à l'abri ni des pollutions environnantes causées par l'agrochimie (vent, nuages, pluies...) ni de celles causées par les activités industrielles (rejets airs, eau, sols, déchets, etc), routières et urbaines (gaz, co2, métaux lourds, etc.).

Un produit méticuleusement réglementé et contrôlé peut malgré lui contenir des traces de pollutions et soulever à juste titre des polémiques. Pour exemple, les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont interdits en bio. Mais les firmes les ont introduits, secrètement et à plusieurs reprises dans les filières classiques. En conséquence, ceux-ci se disséminent d'une manière incontrôlable et sont omni présents. Cet exemple met en lumiére les faiblesses et les limites auquelles est exposé le bio, tour d'horizon et questionnement sur les points qui nécessiteraient une amélioration...

Présence de chimie :
- Les cahiers  des charges Français permettent l'utilisation de chimie, les 5% autorisé sont souvent source d'incompréhension pour le consommateur.

Présence de sulfate :
- Les cahiers des charges permettent encore certain tensioactif réputé agressif pour la peau comme le sodium laureth sulfate qui est aussi dommageable pour l'environnement. Il est pourtant interdit dans les cahiers des charges allemands (BDIH, Natrue).

Des tests sur les animaux insuffisants :
- Les tests sur les animaux sont interdits uniquement sur les produits finis. La réglementation n'est pas assez stricte à ce niveau. En effet, une éthique totale sur ce point consisterait à interdire aussi les tests sur les matières premières qui entrent dans la composition du produit (en amont de la formulation). La cosmétique bio semble relayer ce point à l'organisation internationale contre l'expérimentation animale. En France, seules les marques qui présentent le label One Voice (le lapin bondissant) en plus de la certification bio vont au bout de cette démarche éthique.

Différences de qualités :
- Les différences de qualités sont également un point difficile à faire passer devant une clientèle habituée à des qualités standard (comprenez qualité identique). Pour exemple, il n'est pas rare de voir la transparence d'une huile se troubler par des dépôts. Aussi, en fonction des récoltes et des saisons, des différences de couleur peuvent apparaître sur un même produit (huile, hydrolat,ect).

Des dates limites d'utilisation (DLU) plus courtes :
- Les dates de péremption sont plus courtes que les cosmétiques traditionnels, car les composants naturels sont en général plus sensibles aux facteurs de dégradation (chaleur, humidité, prolifération microbienne). Un produit bio a des date limite d'utilisation (DLU) allant de 18 à 36 mois selon la nature du produit. La DLU est le moment de transit du produit entre sa date de fabrication et le jour de son utilisation.

Des conditions de conservations très fragiles :
- Les cosmétiques bio supportent mal les variations de température brusques. L'humidité et la chaleur les dégradent parfois avant leurs dates limites d'utilisation.

Des odeurs parfois discutables :
- Les odeurs des cosmétiques bio sont souvent perçues comme désagréables, même si sur ce point la cosmétique bio a beaucoup évolué ces dernières années. Néanmoins, les formules affichent souvent l'odeur naturelle du produit. Ce point précis est souvent un frein pour celles qui sont habituées à des fragrances très prononcées (qui camouflent les odeurs de la pétrochimie).

Un marketing dépourvu de luxe :
- Les contenants sont moins prestigieux, ce qui tient éloignée une clientèle habituée à l'aspect ostentatoire des pots et des emballages de luxe.

Des labels qui se battent entre eux :
- La bataille acharnée des différents labels européens qui se disputent le trône de l'europe étonne par ses rebondissements et nuit à sa crédibilité.

Des nouveaux acteurs dépourvus d'éthiques :
- La grande distribution, en imposant ses prix et ses conditions, met les producteurs de cosmétique bio en situation financière délicate. Comment les éviter alors qu'elle contrôle près de 80 % de la distribution aujourd'hui ? D'un côté, la grande distribution diversifie son offre en proposant du bio. De l'autre, elle continue à encourager l'agriculture intensive, la pollution de l'environnement, les tests sur les animaux et les produits suspicieux pour la santé.

Certification et contrôle à inspecter :
- La crédibilité du bio en général tient à la qualité et à la fiabilité des organismes de contrôle et de certification. Les processus de certification sont soumis à une obligation d'indépendance ; mais cette dernière est-elle toujours respectée sur un marché qui, comme tous les marchés, est soumis à la concurrence ?

Mise en ligne 15 avril 2011