tableau de formuleEn dehors du pot

On a tendance à réduire le bio autant que l'on a réduit son appellation. D'une même manière, on a tendance à avoir une vision réductrice de la cosmétique bio. Pourtant, elle apparaît comme un modèle de développement durable, car elle englobe l'écologie, mais aussi, l'économie et l'aspect social (santé).
Certe, la cosmétique bio définit un niveau de qualité plus élevé que celui établi par la législation française et européenne des produits cosmétiques traditionnels, mais pas seulement.

Elle garantit aussi une réelle pratique du respect de l'environnement tout au long de la chaîne de production. Tour d'horizon sur les bénéfices visibles et invisibles de la cosmétique écologique et biologique de France (cahier des charges Ecocert/Cosmébio, 80% du marché des cosmétiques issus des pays francophones) :
(Extrait du référentiel définissant les produits cosmétiques écologiques et biologiques ECOCERT)

Les contaminants
Les matières premières et leurs ingrédients dérivés doivent être authentiques et non pollués par des contaminants suivants :
- Les métaux lourds : cadmium, mercure, plomb, chrome, cuivre, nickel, zinc, molybdéne, arsenic et sélénium.
- Les hydrocarbures (pétrole) : benzéne, toluéne, xyléne, paraben, propyléne.... et hydrocarbures aromatiques polycycliques (H.A.P).
- Les pesticides : insecticides, herbicides, fongicides, engrais...
- Les dioxines : PCB et PCDDF
- Les éléments de radioactivité : produits par la méthode de conservation appelée irradiation ou ionisation
- Les OGM : pour les matières premières provenant de ce type de souche
- Les mycotoxines
- Les résidus médicamenteux : antibiotique, anticoccidien, anabolisant, hormones présent dans l'eau d'arrosage
- Les nitrates : pour les produits végétaux
- Nitrosamines

Les procédés de fabrication écologique
Les procédés de fabrication doivent être simples et non polluants, ils doivent permettre l'obtention de produits les plus biodégradables possible et la conservation des propriétés des principes actifs.

La traçabilité
La traçabilité des ingrédients jusqu'au produit fini (traçabilité interne à l'unité de production) et des produits finis aux consommateurs (traçabilité externe à l'unité de production) doit être rigoureusement mise en œuvre et consignée suivant les modalités prévues dans le cahier des charges.

La protection de l'environnement
Les entreprises doivent mettre en place une série de mesures avec des modalités de contrôle interne. Au cours du processus de production et pendant le traitement de tous les produits résiduels, les modes opératoires doivent viser la protection de l'environnement et du personnel de production.

La gestion des rejets
Chaque entreprise doit élaborer un plan d'amélioration de la gestion des rejets (rejets d'activité industrielle : gazeux, liquide ou solide). On considère aujourd'hui la démarche ISO 14000 comme une des formes les plus abouties d'application écologique.

La gestion des déchets
Pratique du tri sélectif (carton, verre, papier et autres matériaux), obligation de traiter et de recycler tous les déchets, obligation de confier les matières et produits spécifiques (non recyclables) à une entreprise spécialisée.
Le nettoyage et la désinfection du matériel et des locaux
Sont interdits : les produits de nettoyages aux combinaisons persistantes ou difficilement biodégradables, c'est-à-dire, les produits à base de micro-organismes génétiquement modifiés, les produits à base de chlore ou dérivé, les produits éthoxylés ou dérivés.

La gestion de l'énergie
Chaque entreprise doit élaborer un plan d'amélioration de la gestion de l'énergie, dont l'objectif est de prévoir une utilisation de plus en plus large des énergies renouvelables et un appel croissant aux mesures d'économie d'énergie.

La gestion des transports
À l'intérieur des véhicules de transport, tout doit être mis en œuvre afin d'éviter des pollutions par des contaminants sur les produits visés, particulièrement pour les matières premières transportées en vrac et non emballées.

Le stockage des matières premières
Les emplacements de stockage des matières premières biologiques doivent être physiquement séparés et identifiés des matières non biologiques afin d'éviter toute contamination. Les conservateurs de stockage sont limités et listés dans le cahier des charges afin d'éviter tout intrant chimique, non conforme et non traçable.

Les conditions d'emballage
Ce point est pratiqué dans le plus grand respect de l'environnement. Il se fait sous des formes, des volumes et des matières premières recyclables et faiblement consommatrices d'énergie. Aussi, les PVC et les polystyrènes expansés sont interdits. Les encres d'impression végétales et biodégradables sont encouragées via le logo « imprim'vert ».

Les étiquetages transparents
L'étiquetage permet quant à lui une certaine transparence et une lecture simplifiée des formules en présentant une liste d'ingrédients compréhensible aux consommatrices en langage vernaculaire (français, latin ou nom botanique, pas de langage chimique). La transparence vis-à-vis du consommateur consiste également à utiliser un mode de communication et une phraséologie (promesse et sémantique marketing) qui ne l'induise pas en erreur.

Conclusion
La cosmétique bio fait l'objet d'un cahier des charges strict pour le fabricant et exige un encadrement et des contrôles sévères. La cosmétique bio est la seule cosmétique capable d'offrir au consommateur une traçabilité de début en fin de chaîne de production. Elle s'impose aujourd'hui comme une cosmétique transparente, respectueuse de la confiance accordée par le consommateur.

La cosmétique bio est en redéfinition permanente. Ce marché naissant a longtemps été appréhendé comme une mode, mais s'impose désormais comme un secteur économique à part entière et a besoin de temps et d'expérience pour se perfectionner. Ce nouveau segment cosmétique en est aux prémices de son histoire qui s'écrit au fur et à mesure des avancées du secteur.

Le bio, bien que loin d'être inattaquable sur tous les points, représente néanmoins, grace à sa certification (label), l'espace de consommation le plus sécurisé sur le grand marché de la cosmétique. Grâce à un suivi, des contrôles effectifs et l'application du principe de précaution, la cosmétique bio oeuvre en faveur de la santé, de la biodiversité et de la planète.

Mise en ligne 15 avril 2011