Vérité : tout est « d'origine naturelle »

Soyons clairs : dans le domaine de la cosmétique, aucune matière première naturelle ne peut être utilisée brute sans être préalablement transformée et préparée. Il existe deux types de transformations des matières premières ; la transformation douce (chimie douce) et la transformation dure (chimie dure). On entend donc par matière première "d'origine naturelle" toutes celles qui ont nécessité un procédé de transformation pour être intégrées à une formule cosmétique.

C'est donc cette appellation qui prévaut toujours en cosmétique car la plupart des matières premières nécessitent une transformation (le simple pressage pour obtenir une huile est un procédé de chimie douce). Seule l'eau pourrait éventuellement échapper à cette tendance. Ainsi la notion « d'origine naturelle » ne répond pas aux notions de langage commun et ne garantit pas forcément le respect des critères écologiques surtout pour les matières premières transformées chimiquement.

Transformations de chimie douces

Ces procédés répondent aux transformations simples de types mécaniques ou physiques et n'affectent pas le caractère naturel de la matière première (pressage, concassage, broyage, distillation, filtration, centrifugation, décoction, infusion, macération, fermentation, etc...)

Transformations de chimie dure

Ces procédés de transformation plus complexes relèvent de la chimie dure et transforment littéralement les molécules naturelles avec des interventions lourdes qui font intervenir des composés chimiques puissants (estérification, hydrogénation, sulfatation, alkylation, éthoxylation...). Ces processus modifient la structure et les propriétés des matières premières traitées qui peuvent, de ce fait, devenir nuisibles.

Les matières premières d'origine animale

Il existe deux sortes de productions animales utilisées en cosmétique. La première catégorie, les matières premières « d'origine animale », ne nécessitent pas la mort de l'animal et recouvrent un caractère éthique, répondant à des critères non formulés attendus par le consommateur. La seconde catégorie implique obligatoirement la mort de l'animal, telles les cellules de foie de veau utilisées par de prestigieuses marques du sélectif (luxe) en tant que principe actif régénérant et dissimulées aux consommatrices. Idem pour les suifs bovins, ou l'urine camouflée sous l'appellation "extrait biologique" ; ici encore la confiance de la consommatrice est mise à mal.

Mise en ligne 15 avril 2011