Expérimentation animale : allégations et label

 

Les mentions publicitaires : imprécises et/ou mensongères. Les stratégies marketing des grands lobbies de la cosmétique habillent ces packagings d'allégations publicitaires en tous genres. Souvent floues et mensongères, elles sont prises pour comptant par les consommatrices.

- « Produit fini non testé sur animaux » ou « Formule non testée sur animaux »
Ces allégations ne disent rien d'autre que le respect de la législation en vigueur. Ce n'est ni une information, ni un avantage distinctif de la concurrence car le consommateur ne dispose d'aucun moyen pour vérifier l'information. Ce type d'allégation est gratuite et souvent non fondée.

- « Non testé sur animaux »
Plus ambigu encore, ce slogan ne précise pas ce qui n'est pas testé sur les animaux. Est-ce le produit fini ? Les matières premières qui entrent dans sa composition ? Une seule matière première qui entre dans sa composition ? Le contenant du produit (tube), ou encore le packaging en carton ? La mention est trop floue pour s'y référer, c'est ce que l'on appelle en marketing comme en politique « un effet d'annonce ».

- « Ingrédients non testés sur des animaux »
Même imprécision ici, s'agit-il de tous les ingrédients ou seulement de certains ? Cela ne traduit en aucun cas une démarche éthique.

- « Contre les tests sur les animaux »
Même si le fabricant est contre les tests sur animaux, rien ne prouve qu'il ne les pratique pas.

- « Ne pratique pas de tests sur animaux ».
Là encore, un jeu de sémantique. Ne pas pratiquer ne signifie pas ne pas sous-traiter ou de pas commander des produits qui ont subi des tests.

- « Lapin bondissant » (Leaping Bunny).

Le label du petit lapin bleue a été créé en 1990 par une coalition européenne et nord-américaine pour mettre fin à l'expérimentation animale dans le monde. Présent et actif dans tous les pays européens et en Amérique du Nord, il est représenté en France par l'association « One Voice ». Son pendant américain est le « Human Cosmétics Standard » (HCS). Ce label est l'unique standard sérieux reconnu dans le monde entier pour les produits d'hygiène et de beauté non testés sur animaux.

L'intérêt de ce label réside dans le fait qu'il exige que, le produit fini et les matières qui le composent ne soient pas testés sur les animaux. La mise en place du standard international « sans cruauté » vise à donner aux consommateurs les moyens de choisir avec transparence des produits en accord avec leur éthique.

Le fabricant de cosmétique qui désire intégrer cette démarche doit faire une demande adressée à l'association qui représente la coalition dans son pays d'origine, One Voice pour la France, mais il n'existe aucune représentation connue pour la Suisse qui ne fait pas partie de l'Europe. La liste des marques labellisées par One Voice est disponible sur leur site .

Fort de son succès, le label One Voice à l'intention d'élargir son champ d'application à des produits autres que les cosmétiques. C'est au prix d'une procédure visant la traçabilité de l'ensemble des composants d'une formule que le label est délivré par un organisme de certification indépendant. One Voice refuse également de labéliser un seul produit sur l'ensemble d'une gamme ; toutes les références d'une marque doivent répondre aux critères visés. Les contrôles sont renouvelés tous les deux ans.

Tests sur les animaux : et la bio ?

Les superpositions d'idées sont nombreuses mais trompeuses lorsqu'il s'agit du bio. Il est vrai que la cosmétique biologique interdit les tests sur les animaux, mais seulement sur le produit fini (cette interdiction est effective et contrôlée immanquablement). Néanmoins, cela signifie que les matières premières qui entrent dans sa composition ont peut-être été testées. Seule la présence du « petit lapin » au coté du label bio, nous garantie que rien n'a été testé, de début en fin de chaine. Ce logo, nous donne une clé de lecture précieuse pour différencier les marques du bio motivées par de réelles convictions éthiques de celles qui s'arrêtent aux obligations réglementaires de la mention biologique.

Mise en ligne 15 avril 2011