Expérimentation animale : toujours d'actualité

Nous entrons ici dans l'aspect de la cosmétique traditionnelle le moins reluisant mais qui touche profondément bon nombre d'entre nous. L'expérimentation animale est toujours pratiquée, en toxicologie, en cosmétologie, dans la recherche, l'enseignement scientifique et dans l'armement. De la souris au cheval, chaque année, 10 à 15 millions d'animaux sont abattus en Europe pour satisfaire aux besoins de toutes ces disciplines.

Malgré les nouvelles directives législatives, les défenseurs de la cause animale dénoncent notamment les abus des grands groupes de la cosmétique. La question de l'expérimentation animale fâche et divise depuis toujours. Essayons de faire le point sur une législation complexe, trop nuancée, peu transparente et rarement appliquée.

Dans certains domaines de la science, les tests sur les animaux sont un préalable exigé par la loi. Indispensables, ils permettent par exemple de définir les conditions d'utilisation d'un médicament pour l'homme, de transmettre des savoir-faire chirurgicaux ou d'avancer dans des axes de recherche scientifique.

Concernant la cosmétique, les tests d'innocuité sont également obligatoires, mais rien n'oblige à les pratiquer sur les animaux. Ce recours est utilisé par facilité voire par habitude. À titre d'exemple, la cosmétique bio y répond par des tests sur des humains volontaires.

En 2004, la directive européenne qui régit les cosmétiques a interdit le recours à l'expérimentation animale pour les produits cosmétiques finis. Dès lors, les défenseurs de la cause animale réagissent de toute part en dénonçant le manque d'application concrète et visible de cette loi, mais surtout en condamnant l'absence de moyens de contrôle pour vérifier sa mise en œuvre.

En effet, depuis la directive de 2004, rien n'a changé en matière d'expérimentation animale. En 2009, une nouvelle interdiction est entrée en vigueur mais elle n'est toujours pas en application. Elle concerne cette fois les matières premières qui interviennent en amont dans l'élaboration d'un produit. Là aussi, une application graduelle de la loi est prévue, le dernier délai étant fixé pour 2013. Donc, entre 2004 la première interdiction et 2013 la date butoir d'application de la loi, on compte une dizaine années pendant lesquelles des tests barbares, répétitifs et peu fiables ont fait et feront encore office de sécurité pour le consommateur, 10 ans encore durant lesquels des milliers d'animaux (en cosmétique il s'agit surtout de souris blanche, de lapines et de cochons d'Inde) périssent au prix d'une souffrance inacceptable.

En 2005, date d'entrée en vigueur de l'interdiction, l'Europe a paradoxalement enregistré une hausse de 107% de pratique des tests sur animaux en cosmétique.

Les femmes valident inconsciemment ces pratiques en portant sur leurs cils des mascaras qui auront causé la souffrance puis la mort de plusieurs centaines de lapines, épinglées des heures et des jours durant par les paupières. À ce sujet, les investigations possibles sur la toile dévoilent des pratiques dépourvues de tout sens humain, photos à l'appui. Mal traités et non nourris, les animaux ne disposent pas d'antalgiques ou d'anesthésiants, pour soulager leurs douleurs.

Même si, nous l'avons vu, le recours à l'expérimentation reste incontournable pour améliorer et protéger la santé des hommes et comprendre les mécanismes du vivant, entendons tous, que la souffrance et la mort des animaux pour satisfaire aux besoins de la beauté sont des affronts au respect même de la vie.

Mise en ligne 15 avril 2011