Cocktail de produits chimiques !

En toxicologie comme en nutrition, il est communément admis que « c'est la dose qui fait le poison». Cependant, il semblerait qu'en matière de chimie cet adage soit largement supplanté par la notion « d'effet cocktail ».

En effet, si la dose de composés chimiques contenue par exemple dans un shampooing n'est pas à elle seule réellement dangereuse, rien n'indique que l'amalgame avec d'autres produits (composés eux aussi de substances chimiques) sur une longue période ne comporte pas des risques explosifs.

Cette exposition répétée aux substances chimiques inquiète les défenseurs de l'environnement et de la santé publique. Les ministres de l'environnement estiment que l'évaluation des risques serait trop complexe et trop couteuse pour identifier les éventuels effets combinés sur la santé et sur la biodiversité. Les ministres attendent que la Commission européenne adapte la réglementation pour couvrir ce risque majeur.

La commission devrait donc rendre des recommandations concernant les combinaisons à risque, notamment celles affectant le système endocrinien (les hormones). De leur côté les associations et les ONG estiment que la refonte de la législation est bien trop lente. À la lumière des nombreuses études déjà existantes, ils s'inquiètent des risques trop grands et condamnent l'immobilisme. Ces requérants demandent à la Commission européenne de préparer d'ores et déjà des amendements concrets afin de modifier la législation en cours, notamment dans le cadre du programme REACH.

D'autre part, Sandra Steingrader a démontré qu'en 1995, « le National Toxicology Program a pratiqué des essais chez l'animal concernant plus de 400 produits chimiques. Les conclusions des chercheurs sont alarmantes : 5% à 10% des produits testés peuvent être considérés comme cancérigènes pour l'homme. Ces résultats corroborent les analyses de l'éminent Professeur David Servan- Schreiber énoncées dans son livre « Anticancer ».

En faible dose : l'avis des scientifiques

"En matière de toxicité chronique, ce n'est pas la dose qui fait le poison, mais la répétition des doses", autrement dit la durée d'exposition aux agents cancérigènes. C'est-à-dire que des doses très faibles, à la limite du seuil de détection par les appareils de mesure actuels, si elles sont renouvelées pendant une période de temps suffisamment prolongé peuvent à terme induire des cancers. Et cela d'autant plus que le tissu adipeux relargue à doses liminaires suffisantes, c'est-à-dire capables d'induire des mutations, les substances chimiques CMR qu'il a stocké.

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Il n'y a donc aujourd'hui scientifiquement plus de doute pour concevoir que les faibles doses de produits chimiques dans l'environnement sont cancérigènes. Et il en est de même pour les rayonnements. Ce qui compte n'est donc pas l'intensité de dose, mais la durée d'exposition. Il s'agit là d'un principe fondateur de la santé environnementale applicable au cancer. C'est la raison pour laquelle les travaux actuels de l'ARTAC sont actuellement focalisés sur la mise en évidence des liens entre cancer et environnement, en utilisant non seulement l'épidémiologie, mais aussi la toxicologie et la biologie ». sources

Mise en ligne 15 avril 2011