Pétrochimie cutanée : les dangers ?

La peau est un organe purement exceptionnel. Interface vivante, elle délimite le soi du non-soi, nous permet de percevoir notre environnement et d'interagir avec lui. Elle trahit nos émotions et renseigne sur notre état général. Avec quelque 300 millions de cellules, c'est une mécanique horlogère d'une infime précision qui coordonne tous ses systèmes de protection, d'oxygénation, de nutrition, de division, de régénération et d'immunité. La peau est un organe biologique qui respire, un organe vivant qui secrète, un organe émotionnel qui réagit.

Souvent considérée comme une simple barrière souple, la peau souffre d'un grand manque de considération. Tout ce que nous étalons sur notre peau est immédiatement absorbé pour rejoindre l'ensemble de l'organisme, au même titre que les aliments nourrissent le corps, nous pouvons considérer que les cosmétiques sont littéralement la nourriture de la peau.

Les cosmétiques miment les fonctions de la peau

Les cosmétiques autrefois tous naturels, ont de tout temps essayé de soutenir ou de suppléer les fonctions naturelles de la peau. Nul cosmétique (naturel) n'apporte de fonctionnements ou d'interactions qui ne soient déjà existants au sein des tissus. Les mécanismes physiologiques cutanés sont si complexes et si imbriqués que la science découvre chaque jour de nouvelles interactions. Les cosmétiques naturels miment la peau, la pétrochimie mime les cosmétiques naturels et de mime en mime nous nous éloignons du cœur du sujet.

Nous avons pourtant été convaincus qu'un propylène glycol (pétrochimie), pouvait mimer le pouvoir hydratant d'une molécule d'eau, ou qu'une huile minérale (hydrocarbure), pouvait mimer une huile végétale. Est-ce véritablement une bonne chose, une avancée technologique ou même un progrès ? Après cinquante ans de recul et de pétrochimie invasive, le constat est violent. Les cellules de la peau, qu'elles soient superficielles ou profondes, ne reconnaissent pas ou pas longtemps les substances et les messages chimiques qu'elles rencontrent. Le vivant interagit avec le vivant. Cellules végétales et cellules humaines parlent le même langage, celui de la vie, alors que le pétrole et les molécules chimiques sont des matières inertes qui ne présentent aucune biocompatibilité avec le vivant.

Que se passe-t-il alors, lorsqu'une cellule pleine de vie et d'énergie rencontre une substance plastique synthétique et inerte? Rien ou presque en termes de soin, mais des effets probants en termes de leurre. Certaines molécules pétrochimiques miment agilement les neurotransmissions cellulaires qui provoquent des mécanismes cutanés. Mais le leurre est cependant de courte durée. En effet, après le traitement, la peau revient à son état initial, ou pire plus affaiblie qu'auparavant. La seule solution consiste à recommencer au plus vite l'application du produit pour induire une illusion de soin.

Les mécanismes d'auto régulation et d'auto réparation de la peau ne sont pas stimulés pour relancer l'autonomie de celle-ci. Pire, le produit inhibe ou détruit des fonctions ou des composés de la peau. Le cosmétique pétrochimique se substitue littéralement aux fonctions naturelles de celle-ci, la rendant de moins en moins active et de plus en plus dépendante aux faux stimuli du produit. Pour exemple, lire l'article « diméthylaminoéthanol ».

Concernant les effets délétères qui sont nombreux, mais bien mal connus faute d'études sérieuses. Qui voudrait engager de tels frais pour risquer des résultats compromettants ? L'organisme humain quant à lui accumule les molécules chimiques (peau et cheveux), mais nul ne sait réellement où et comment celles-ci sont éliminées et/ni même si elles le sont vraiment. Les produits de cosmétique pétrochimique (cosmétique traditionnelle) induisent eux-mêmes des effets de vieillissement, de déshydratation et de sensibilité. cependant la consommatrice, séduite par la texture savoureuse, le parfum délicat et le sublime emballage qu'elle vient d'acquérir, n'y voit que du feu et rechigne même a admettre cette réalité.

Mise en ligne 15 avril 2011