La relation cosmétique-eau : pollution invisible, mais galopante

Au-delà de l'aspect sanitaire, une problématique de taille liée à l'environnement a enfin émergé ces dernières années ; il s'agit de l'impact des micropolluants sur les écosystèmes aquatiques et sur la qualité de l'eau potable. sources : Bafu

 

Les composés appelés « micropolluants » proviennent de quatre grandes sources identifiées :
- Les produits phytosanitaires (pesticides, herbicides, engrais...)
- Les médicaments (hormones de synthèse, molécules chimiques...)
- Les cosmétiques (parabènes, muscs, phtalates, phénoxyetanols, parafine...)
- Les produits de nettoyage (javel, citrates, alkylphénols)


En ce qui concerne les cosmétiques, rappelons que 100% des produits d'hygiène de rinçage (gels douche, shampooings, savons, après-shampooings, dentifrices, mousses nettoyantes, gommages, mousses à raser, masques, etc.) finissent leur cycle de vie dans un lavabo ou une baignoire et rejoignent les réseaux urbains d'eau usée. Filtrée puis réinjectée dans les circuits, l'eau est donc perpétuellement re-consommée sans (pouvoir) subir une filtration piégeant tous les micropolluants. Quant aux produits de beauté absorbables par la peau (crèmes, huile, sérum, etc.), 15% du produit subit le même sort (lavabo, baignoire), car même si la plus grande partie de ceux-ci ont pénétré l'épiderme, des résidus invisibles s'éliminent au lavage, engendrant ainsi une pollution des eaux totalement invisible mais inéluctable.


Ces molécules chimiques sont soupçonnées de provoquer des cancers et des perturbations endocriniennes, affectant l'homme dans le fonctionnement de son système reproductif et immunitaire (Dominique Belpomme professeur en cancérologie "Avant qu'il ne soit trop tard", éditions Fayard. 2007). Certains micropolluants, même à faible concentration, peuvent avoir des effets néfastes sur les écosystèmes aquatiques (biodiversité de la flore et la faune). C'est par exemple le cas des perturbateurs endocriniens, dont les effets font actuellement l'objet d'étude du Programme national de recherche « perturbateurs endocriniens » PNR 50. (Fonds national suisse de la recherche scientifique).

Mise en ligne 15 avril 2011