Cosmétiques traditionnels: composition

La cosmétique « blanche » répond ordinairement à l'appellation d'« émulsion », représentant une recette de base à partir de laquelle sont élaborés tous les produits « blancs ». Qu'elles soient biphasées ou triphasées, toutes les émulsions prennent le nom commun de « crème ». La nomenclature internationale de la liste des ingrédients cosmétiques (INCI) a un immense intérêt informatif pour le consommateur. Cependant, le langage officiel qui est utilisé est inaccessible au commun des mortels. Composé de mots latins ou anglais, de termes appartenant aux domaines de la chimie et de la botanique, ce langage s'avère compliqué à déchiffrer pour un public non-spécialiste. L'information reste, en somme, hors de portée.

L'eau : la base de tout

Un produit cosmétique est principalement constitué d'eau. Chaque émulsion contient 60% à 90% d'eau. Les caractéristiques de l'eau utilisée garantissent la qualité globale du produit fini. Même si l'eau est une matière première naturelle, elle doit répondre à des critères de pureté pour être utilisée en cosmétique. mais dans la réalité elle peut soit provenir d'une source tout juste potable, soit être obtenue par osmose, soit dans le meilleur des cas provenir de la distillation.

Les corps gras : pour le confort

Les corps gras (huile minérale, glycérine, paraffine...), peuvent représenter environ 30% du produit. Ils sont utilisés pour apporter nutrition et confort à la peau. Souvent issus de la pétrochimie ces matières premières agissent comme un film plastique asphyxiant l'épiderme en affaiblissant toutes ses fonctions de base. Aussi, malgré la sensation de confort qu'elles procurent dans l'immédiat en surface, elles se révèlent nocives pour la peau et la santé à long terme, mais aussi sur l'environnement et la biodiversité car non biodégradable.

Les texturants : pour séduire

Environ 12% à 15% d'une formule contient des agents de texture (émulsifiant, gélifiant, épaississant, humectant, etc.) qui apportent de la consistance à la galénique (texture) du produit. La texture est le premier des trois principaux pièges tendus aux consommatrices, suivi de l'odeur et du packaging. La texture se doit d'être fondante, absorbable immédiatement, non collante, rémanente, non luisante, et doit laisser un film de protection sans faire virer le maquillage. Elle peut être liquide, grasse, sous forme de crème, de gel ou de gel-crème, ou encore de sérum. Les textures créent un lien émotionnel fort entre le produit et l'utilisatrice. La recherche et développement des grands groupes innovent principalement sur ce critère. Les recherches des grands groupes se concentrent principalement sur la texture et ça marche!

Les tensioactifs : pour la détente

Les tensioactifs représentent environ 4% de la composition d'un cosmétique traditionnel. Leurs propriétés (grâce à leur structure amphiphile) leurs confèrent une affinité particulière avec l'air, l'eau et l'huile. Les tensioactifs sont notamment très présents dans les produits de rinçage (démaquillant, nettoyant) et dans les émulsions. D'origine pétrochimique, certains sont particulièrement agressifs pour la peau et les yeux, en plus d'être toxiques et non biodégradables pour l'environnement.

Les actifs : enfin !

C'est à hauteur de 2% (plus ou moins) qu'interviennent les actifs, qui représentent la partie réellement traitante du produit (les promesses marketing). C'est là que résident les secrets de fabrication des industriels. Même si les molécules actives peuvent être d'origine naturelle, elles sont dans leur grande majorité d'origine pétrochimique.

Les « moins de 1% » : l'échappatoire législatif

Cette catégorie concerne les parfums, colorants et conservateurs, mais pas seulement. Depuis 1998, la liste des ingrédients (INCI) doit être annoncée dans l'ordre décroissant selon l'importance de la matière première. Néanmoins, la réglementation prévoit que les substances dont la concentration est inférieure à 1% peuvent être mentionnées dans le désordre et parfois même non indiquées. Souvent méconnue de la consommatrice (en raison de son faible volume), cette partie minime de la composition renferme pourtant les substances les plus controversées. On sait aujourd'hui que même un pourcentage infime de substances dangereuses (0,01%) peut avoir des effets désastreux pour la santé.

Exemples

Parmi les concentrations à moins de 1%, les plus connues apparaissent sous le nom de formaldéhydes. Bien que, depuis 2005, l'OMS ait classé les formaldéhydes comme étant hautement cancérigènes pour l'homme, on trouve encore ces substances dans les vernis (5%) et les produits d'hygiène buccale (0,1%), entre autres. D'autres conservateurs appelés phénoxyéthanols sont également connus pour leurs effets toxiques sur la santé, mais le législateur admet néanmoins leur présence à hauteur de 1%. Pourtant, les dangers liés à l'utilisation de ces substances sont bien connus et nombreux : avortements spontanés, risque de stérilités, malformation congénitale...

Bien qu'il n'existe pas de composition standard pour l'établissement d'une formule cosmétique, chaque fabricant développe ses formules secrètement. Ces informations restent donc des moyennes établies à titre indicatif.

Mise ne ligne 15 Avril 2011