Tout est chimie :   oui, mais !

Les défenseurs de l'industrie chimique se complaisent à prétendre que tout est chimie. Certes, la vie même est un imbriquement de processus chimiques complexes (la fabrication d'un simple savon relève d'un processus chimique), mais, en matière d'environnement et de santé, un distinguo de taille s'opère entre « chimie douce » et « chimie dure ».


La « chimie douce » intègre des opérations comme la torréfaction, la distillation, la stérilisation thermique, la désodorisation, la condensation ou encore des réactions de type biotechnologique comme la fermentation notamment. Sa particularité et son intérêt résident dans le fait que tous ces procédés préservent la structure des liaisons carbones organiques des matières premières traitées. En clair, elle respecte donc leur structure initiale, leur innocuité et leur biodégradabilité.

La « chimie dure » propose des procédés faisant appel à la chimie du chlore, à l'irradiation (traitement radioactif) ou encore à l'éthoxylation (traitement au gaz, oxyde d'éthylène).Ces procédés détruisent la structure des liaisons carbones organiques des matières premières traitées, en clair, elle les rend toxiques et non biodégradables.

Ces processus s'avèrent donc particulièrement polluants pour l'environnement et potentiellement dangereux pour la santé et la biodiversité. Avec le recul, le plus incroyable est de constater avec quelle désinvolture cette industrie nous a longtemps vanté au nom du progrès le caractère bienveillant des produits chimiques, utilisant la planète et le corps humain comme réceptacle sans fond pour ses molécules.

Mise en ligne 15 avril 2011