Molécules chimiques : vide législatif béant

C'est à la fin de la deuxième guerre mondiale que la production massive de molécules chimiques débute. Dès lors, les laboratoires du monde entier rivalisent d'inventions qui mènent des générations à un niveau de confort jamais égalé. Dans le secteur de la cosmétique, les formulateurs disposent de 10000 molécules chimiques dont 6000 se trouvent déjà dans les produits d'hygiène et de beauté. Ces substances, produites en masses, répondent à une réglementation malheureusement très minimaliste et peu préoccupée des questions de santé et d'environnement.

Ces substances chimiques ne répondaient à aucun enregistrement officiel jusqu'à la mise en place du régelement REACH en 2007 et sont aujourd'hui encore toujours exemptes de tests de toxicité obligatoire sur le long terme.  Cela signifi que des milliards de tonnes de molécules chimiques sont déjà largement répandues dans le monde alors que leurs effets sur la santé, la biodiversité et l'environnement restent inconnus. Cette industrie bénéficie d'une législation truffée d'échappatoires (marge de manœuvre et de confidentialité trop importante), qui a ouvert depuis des décennies la voie à un profit quasi dépourvue dépourvu d'éthique.

À titre d'illustration, l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) effectue des contrôles dans le secteur cosmétique afin de s'assurer que les industriels respectent les bonnes pratiques, que les installations sont saines, les dossiers techniques sont à jour et les substances utilisées autorisées. En revanche, on ne peut que déplorer que l'Afssaps ne dispose que de 4 quatre inspecteurs pour contrôler pas moins de 1400 établissements en France.

D'autre part, à l'instar des États-Unis et du Japon, les cosmétiques en Europe ne sont pas considérés comme des médicaments (malheureusement) et ne font donc pas l'objet d'une autorisation de mise sur le marché (AMM), impliquant des tests obligatoires plus fiables sur le long terme. Fort heureusement, une petite révolution s'est produite en 2007 avec la misen place de REACH, mais bien insuffisante encore pour stopper la machine.

Mise en ligne 15 avril 2011