Des préoccupations scientifiques peu connues du grand public

Le professeur Dominique Belpomme, éminent cancérologue à l'université de Paris V, exerce à l'hôpital européen Georges-Pompidou et préside l'Association pour la recherche thérapeutique cancéreuse (ARTAC), ainsi que la Société européenne de santé environnementale. Ce dernier affirme : « le message essentiel est qu'inéluctablement nous irons au-devant d'une crise socio-économique et sanitaire grave, d'envergure civilisationnelle et planétaire, qui touchera d'abord et avant tout le monde occidental. Il ne s'agit pas ici d'alarmisme, mais d'un avertissement solennel de la communauté scientifique».

Il poursuit : « le fait que la plupart des nouveau-nés soient aujourd'hui contaminés par de nombreuses substances chimiques, cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) constitue une véritable bombe à retardement. La santé future de nos enfants est gravement compromise. Un grand nombre de maladies autres que les infections sont principalement causées par la dégradation de notre environnement : cancer, malformations congénitales, stérilité, allergies, maladie dégénérative du système nerveux central, maladie d'Alzheimer, et même l'obésité et le diabète ! Contrairement au paradigme ancien qui considérait que seule « la dose fait le poison », l'émergence des maladies d'évolution chronique incite à concevoir que ce n'est pas « la dose qui fait le poison, mais sa répétition, donc la durée d'exposition aux facteurs de risques.....

...Il s'agit ici d'une nouvelle donnée essentielle des recherches actuelles, et qui doivent conduire à la révision complète de la toxicologie. Les normes réglementaires actuellement existantes ne nous protègent aucunement des effets toxiques à petites doses, des rayonnements, des produits chimiques, ou même des micro-organismes qui peuvent contaminer l'air, l'eau, les sols et notre alimentation. La pollution chimique progresse et se manifeste comme un masque invisible. Elle est devenue diffuse, multiple, multiforme à un point tel qu'une étude épidémiologique affichant des résultats négatifs ne signifierait pas l'absence de risque » (source : « Avant qu'il ne soit trop tard », éditions Fayard, professeur Dominique Belpomme).

Mise en ligne 15 avril 2011